• Les Loyautés  Dephine De VIGAN

    JC Lattès

     

     

    Les Loyautés  Dephine De VIGAN

     

    J'attendais avec impatience le nouveau roman de Delphine De VIGAN.

    Je l'ai lu très rapidement.

    Un livre qui remue, un livre formidablement bien écrit.

     

    Hélène, professeure dans un collège est intriguée par le comportement d'un de ses élèves, Théo.

    Elle pense reconnaître ce qu'elle a vécu elle-même, enfant.

    Les douleurs, la peur, les violence subies remontent à la surface et Théo devient très rapidement une véritable obsession.

    Il devient l'enfant à sauver.

    Théo entraîne dans sa chute un autre copain, Mathis mais dont la mère Cécile veille.

    Cécile qui se débat dans une vie qui ne lui ressemble pas avec un mari qu'elle ne reconnaît plus.

     

    Les Loyautés  Dephine De VIGAN

     

    Les destins croisés de quatre personnages.

    Une exploration des loyautés qui les unissent ou les enchaînent les uns aux autres.

     

    Un roman sobre et puissant à la fois, témoignage essentiel sur des adolescents en détresse et une exploration sur les traumatismes de l'enfance.

     

    Je recommande absolument!


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  • Un Funambule sur le sable Gilles Marchand

    AUX FORGES DE VULCAIN

     

    Deux médecins, la mine grave, s'avancèrent vers lui tandis que les battements de son cœur diminuaient leur cadence. Le poids de sa mâchoire inférieure l'empêchait de prononcer la moindre parole.
    "La maman va bien, lui dit le premier.
    -Et mon fils, comment va mon fils?
    -Il va bien. Mais...
    -Mais quoi?"
    Le médecin cherchait visiblement l'aide de son collègue qui, de son côté, avait trouvé refuge dans la contemplation de sa pointure 41.
    "Nous ne comprenons pas comment cela est possible.
    -De quoi parlez-vous? Comment va mon fils?
    -Il va bien. Mais il a un violon dans la tête."

     

    Ainsi commence ce livre.
    L'annonce faite au père.
    Avant même de poursuivre la lecture, j'ai réfléchi.
    Moi, j'aime bien mettre des mots sur des maux.
    Tout le monde sait qu'avoir un violon dans la tête, ce n'est pas possible.
    Le ton est donc donné dès le départ.
    Voici une histoire flirtant avec le fantastique, qui va jouer sur les sens et l'imaginaire du lecteur, libre d'interpréter à sa guise la maladie ou le handicap de l'enfant qui vient de naître.


    Avoir un violon dans la tête.
    Je pense aussitôt à deux expressions dans la même veine peut-être:
    Avoir une araignée au plafond ou un petit vélo dans la tête.
    Deux expressions que l'on emploie généralement pour désigner un comportement suffisamment extravagant pour faire penser à la folie.
    L'enfant serait-il simple d'esprit voir mentalement handicapé?


    Je poursuis ma lecture.
    Quelle est donc cette étrange maladie, jamais nommée dans le roman?

    Mais l'intérêt est ailleurs.


    A six ans, lorsque le petit garçon entre enfin à l'école, il est surnommé Stradi.
    Car la maîtresse avait expliqué que les meilleurs violons étaient les Stradivarius.
    Et ce surnom apprend à l'enfant à assumer sa différence et à en être fier.
    "Je n'étais rien et je devins Stradi comme quelqu'un qui aurait un super-pouvoir".

    Pour garder sa place à l'école et pour que les cordes du violon ne se rompent pas, le jeune garçon doit subir un traitement. Chaque mois, et ce durant dix ans, Stradi reçoit dans son oreille un produit injecté par une seringue.
    C'est affreusement douloureux et traumatisant.


    "Mon violon restait sans timbre, se gorgeant peut-être du liquide qu'on lui avait administré par je ne sais quel chemin à travers les dédales de mon cerveau".

    Avec Max, un petit garçon qui boîte, tous deux seront durant leurs années de scolarité, des phénomènes, des cas et aussi des modèles d'intégration.
    L'invisibilité du handicap de Stradi, contrairement à Max, lui donne un statut à part, teinté de suspicion.


    "J'étais quelque part entre l'enfant normal et l'enfant handicapé"


    Mais il a la musique pour se protéger de toutes les moqueries, maladresses et incompréhensions des enfants et des adultes.
    "Je ne pouvais empêcher mon esprit de vagabonder. Et un esprit doté d'un instrument de musique ne vagabonde pas en silence".

    Entre un père inventeur, "des airs de savant fou au regard illuminé" et sa mère , enseignante dans un lycée, Stradi grandit presque normalement et  fait la conversation aux oiseaux.
    Son père s'interroge: "Pourquoi et comment est-ce qu'un enfant né d'un homme et d'une femme normalement constitués peut entrer en communion avec des volatiles?"
    "Ma mère ne pouvait s'empêcher de se demander ce qu'elle avait pu faire pendant sa grossesse pour que je naisse avec un instrument dans le crâne et mon père souffrait de son impuissance à me sortir de ce mauvais pas".


    Pour les parents d'un enfant handicapé, la blessure est profonde. Elle vient bousculer en un instant passé et avenir, image de soi et image de l'autre, et met à jour la culpabilité et l'abattement.

    A 18 ans, Stradi entre dans la vie d'adulte, prend son envol, se rapproche de l'océan, "le seul endroit où il se sent n'importe qui " et découvre l'Amour.

    Stradi vit, faisant face à une réalité tantôt pleine d'espoir, tantôt tétanisante.

    Les situations sont poignantes et cocasses, on sourit, on rit, l'émotion nous cueille.

    On est happé par ce roman-poème, les jeux avec les mots, cet univers musical et onirique.

    Et dans ce roman, à la manière d'un conte, à la langue simple et claire, la musique, la satire, l'humour et l'amour trouvent leur place de manière fantaisiste, décalée, et cependant émouvante.

    Le roman oscille toujours entre fantaisie et gravité. L'humour voile pudiquement l'aspect tragique.

    Ce roman très touchant et original m'a fait  penser à

    L'écume des jours de Boris Vian.

    Mais pour Chloé, c'était un nénuphar qui grandissait dans son poumon droit.

    Ce violon omniprésent fait de ce livre, un livre-objet qui s'écoute comme il se lit.

    Et cette musique résonne exceptionnellement en nous, longtemps après avoir refermé ce livre et ne peut en aucun cas nous laisser indifférent.

     

    C'est la première fois que je lis Gilles Marchand et j'ai pris énormément de plaisir à pénétrer dans son univers sérieux et fantaisiste à la fois, enrichi d'une multitude de références musicales des années 60/70.

    On sent complétement que Gilles Marchand a pour passions la musique, la chanson, le cinéma et  la littérature.

    D'ailleurs, en lisant ce livre, le film "Forrest Gump" s'est aussi imposé à moi.

     

    Pourquoi allez-vous aimer ce livre?

     

    -Parce que la couverture est très belle

    -Parce ce que c'est l'histoire d'un petit garçon très courageux, intelligent, sensible qui né et grandit avec un violon dans la tête,

    qui vit au quotidien des choses difficiles, qui se bat et qui s'en sort.

    -Parce que c'est aussi une magnifique histoire d'amour qui relie Stradi à Lélie.

    Cela déborde d' Amour, fou et évident, qui nous rend, comme eux,

    délicieusement et profondément heureux.

    -Parce que c'est émouvant de voir les parents de Stradi l'accompagner et l'aimer, de voir son père plonger dans une douce folie, impuissant face au handicap de son fils mais faire un combat de sa vie pour trouver une solution.

    -Parce que ce livre est résolument optimiste, donne de l'espoir à tous ceux qui sont différents et change notre regard sur les handicapés.

    Le dernier mot revient à Stradi qui continue à avancer et à grandir.

    "A vrai dire, je me suis toujours senti comme un funambule. J'ai avancé dans cette société en prenant mille précautions.Légèrement au-dessus, un peu au-dessous ou complétement à côté, je ne sais trop où, mais jamais en son sein. Je me suis maintenu en équilibre tant bien que mal, sachant que je pouvais chuter à tout instant. J'aurais pu considérer mon violon comme un don de la nature mais il était trop lourd à porter. J'ai avancé dans la vie comme un funambule sur le sable, avec un don que je ne pouvais pas utilisé, empêtré et maladroit".

     

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      #MRL17 #PriceMinister


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  • Phobie  Sarah Cohen-Scali Gulf Stream éditeur 

    De l'autre côté Stefan Casta Thierry Magnier

    BARRACUDA for ever Pascal Ruter Didier Jeunesse

    George Alex Gino Lécole des Loisirs

    Envole-moi Annelise Heurtier Casterman

    Y a pas de héros dans ma famille Jo Witek Actes Sud Junior

    Lady Happy Hermann Schulz Lécole des Loisirs

     

     

     

    La bille D'Idriss René Gouichoux Zaü Rue du Monde

    Abeille et épeire Emilie Vast MéMo 

    La Belle et la Bête Carole Martinez Violaine Leroy Gallimard Jeunesse

    Chut! Morgane De Cadier Florian Pigé HongFei

    D'une petite mouche bleue Mathias Friman Les fourmis rouges
     


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  • Point cardinal  Léonor DE RÉCONDO

    Sabine WESPIESER

     

    Sur le parking d’un supermarché, dans une petite ville de province, une femme se démaquille. Enlever sa perruque, sa robe de soie, rouler ses bas sur ses chevilles : ses gestes ressemblent à un arrachement. Bientôt, celle qui, à peine une heure auparavant, dansait à corps perdu sera devenue méconnaissable.
    Laurent, en tenue de sport, a remis de l’ordre dans sa voiture. Il s’apprête à rejoindre femme et enfants pour le dîner. Avec Solange, rencontrée au lycée, la complicité a été immédiate. Laurent s’est longtemps abandonné à leur bonheur calme. Sa vie bascule quand, à la faveur de trois jours solitaires, il se travestit pour la première fois dans le foyer qu’ils ont bâti ensemble. À son retour, Solange trouve un cheveu blond…

     

    Ce livre parle de la souffrance d'un homme, Laurent, de vouloir être une femme et de toutes les conséquences qui en découlent.

    Sa décision a un impact considérable sur sa famille.

    Les réactions de sa femme, désorientée, celle de ses enfants.

    Claire plus compréhensive tandis que Thomas  rejette totalement son père.

    Laurent veut être une femme mais veut continuer à être le père de ses enfants.

    Il y a aussi les amis, les collègues de travail et les gens à l'extérieur.

    Certains sont plutôt tolérants et acceptent son changement mais d'autres le rejettent, disent du mal de lui et le considèrent comme une sorte de monstre.

    Le chemin sera long à parcourir pour Laurent. Pas facile du tout. Mais son bonheur intime, sa joie de vivre en dépendent . Alors il se lance et ne mentira jamais plus sur ce qu'il est.

      Il préfèrera dire la vérité, sa vérité, même si elle peut choquer.

     

    "Il y a, chez Léonor de Récondo, par ailleurs violoniste baroque, une vraie science du legato, de la phrase qui coule toute seule, limpide et profonde. Et la conviction que chacun a le droit de faire entendre sa voix tout en restant attentif à l'autre, comme dans un ensemble de musique de chambre".

     

    Un  texte d'une poignante justesse, tout en pudeur avec beaucoup de sensibilité qui se lit d'une seule traite, sans trébucher. L'écriture est fluide, les mots sont simples.

     

    Par-delà le sujet singulier du changement de sexe, Léonor de Récondo écrit un grand roman sur le courage d’être soi et être soi-même, c’est avant tout mettre en avant ce que l'on est au fond , au détriment de ce que les autres veulent voir.

    Ce livre confirme le talent d'une romancière sensible aux corps, dans ce qu'ils expriment de plus inavoué, de plus essentiel.

    Un vrai coup de cœur de cette rentrée littéraire!


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  • JE LIS

            Editions Robert Laffont

     

    "Je serai ton esprit, tu seras ma beauté,

    Tu marcheras, j'irai dans l'ombre à ton côté".

                                           Cyrano de Bergerac 

     

     

    Lisa, professeur de sport au physique parfait, rencontre un écrivain Philippe Mermoz, lors d'un salon du livre et entreprend de le séduire.

    Mais à la place de son numéro de portable, c'est une adresse que glisse l'écrivain entre les pages du livre dédicacé.

    Or, Lisa n'excelle pas dans l'art de l'écriture et passe un pacte avec sa collègue Irène.

    C'est Irène qui entamera une correspondance épistolaire avec cet homme avec en vue l'objectif de Lisa , décrocher un rendez-vous galant.

    Jeu étrange et dangereux.

    Irène, professeur de français et amoureuse des mots, ne s'y trompe pas ; à travers elle, le séduisant écrivain Philippe Mermoz en aime une autre.

     

    Avec cette correspondance, Irène recherche avant tout "une communion littéraire, le goût partagé des belles lettres mais aussi le plaisir d'une désuétude assumée".

    Mais lorsque la date de rencontre est fixée, Irène plonge dans le désarroi le plus total.

     

    Irène s'est prise de passion pour l'activité d'écrire laquelle remplace les amis, sa jeunesse et bien d'autres choses encore qui manquent dans sa vie.

    Elle s'ennuie. Son existence terne ne lui apporte ni bonheur, ni désir. Elle s'étiole dans une vie de couple trop tranquille, dans une petite ville de province et  héberge des illusions romantiques idéalistes. Sa seule évasion, elle la trouve dans l'écriture.

    Les lettres la transforment, la révèlent à elle-même.

    Les mots ont un pouvoir guérisseur, pour Irène comme pour l'écrivain. 

    Ce roman apparaît pour les deux principaux protagonistes comme l'histoire d'une délivrance, d'une renaissance.

    Ils se sauvent mutuellement.

    La fin ouverte, m'a je dois le reconnaître, un peu frustrée mais elle continue à faire vivre les personnages et nous laisse le soin d'imaginer nous-même la suite.

    Ce livre est un vrai petit bijou au charme et à l'écriture suranné.

    Il nous donne envie de prendre notre plus belle plume et écrire car la relation entre les mots et le papier est la plus séduisante des histoires d'amour. 

     

    Un premier roman particulièrement réussi et un beau coup de coeur!

     


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  •  

    Le Perroquet est une BD de santé publique.

    Le sujet qu'elle aborde est difficile mais tellement important à faire connaître: les troubles bipolaires.

    Espé nous raconte la maladie de sa mère alors qu'il n'avait que 8 ans.

    Cette bande dessinée mêle ainsi autobiographie et document pour informer et faire connaître ce trouble de la personnalité, exténuant pour la personne qui est touchée et difficilement compréhensible pour l'entourage, qui ne sait jamais à quelle réaction s'attendre.

     

    Au fil des pages, les planches prennent les couleurs des variations d'humeur de la maman de Bastien et le trait gagne en force.

    Alors que les épisodes d’accalmie sont généralement dépeints en bleu, en vert ou en marron, l’univers bascule dans le rouge lorsqu’éclate la crise.

    Le lecteur ressent à cet instant toute la violence qui se déchaîne.

    Dans le regard du petit garçon, on ne lit qu’incompréhension et douleur face à la maladie de sa mère.

    Une autofiction poignante où l'on en ressort très émue.

     


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  • Résultat de recherche d'images pour "besson, philippe arrête tes mensonges"

     

    « Avez-vous remarqué comme les paysages les plus beaux perdent leur éclat dès que nos pensées nous empêchent de les regarder comme il faudrait  ? »

    Philippe BESSON,  Arrête avec tes mensonges

     

    Je suis une inconditionnelle des romans de Philippe BESSON.

    C’est donc fort logiquement, que je me suis emparée de son dix-septième livre.

    Ce n’est pas un roman  dans la mesure où l’écrivain parle de lui, qu’il relate un évènement autobiographique qui, on le comprend au fur et à mesure, aura nourri jusqu’à présent toutes ses productions littéraires.

    Chaque livre écrit de l’auteur nous ramène justement à cet épisode enfoui au plus profond de lui-même et qu’aujourd’hui il délivre enfin.

     On sent l’urgence de raconter au grand jour cette histoire vécue autrefois.

    Il est question ici du premier grand amour de Philippe Besson, un amour impossible et vrai.

    Philippe Besson a 17 ans lorsqu’il rencontre Thomas Andrieu, en classe de terminale.

    Cet amour  durera plusieurs mois et  laissera une empreinte indélébile sur la vie de l’écrivain.

     

    C’est certainement le livre le plus abouti, le plus personnel, bouleversant et authentique de l'écrivain.

    Une mise à nu totale.

    C'est un livre qui remue profondément et  est écrit, comme c’est le cas pour tous les livres de Philippe Besson, avec beaucoup de justesse, de franchise, de brutalité parfois.

    L’écriture est limpide, les phrases sont courtes et vont à l’essentiel.

    Je l’ai dévoré en quelques heures et l’ai terminé, bouleversée.

    Evidemment, je le recommande.


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    Editions fleuve

     

    Un livre qui fait du bien!

     

    Pierre-Marie Sotto, soixante ans est un écrivain à succès, en panne d'inspiration.

    Un jour, il reçoit dans sa boîte aux lettres une volumineuse enveloppe d'une de ses admiratrices, Adeline Parmelan,

    "grande, brune, grosse, 34 ans".

    Supposant qu'il s'agit là d'un manuscrit, Pierre-Marie lui exprime dans un mail son intention de le retourner, confiant ainsi la tâche de le lire à un éditeur.

     

    Mais la jeune femme ne se décourage pas, trouve les mots, piquant ainsi la curiosité et l'intérêt du romancier.

     

    S'installe alors une relation épistolaire qui durera ...huit mois.

    Entre eux deux, cette enveloppe, un mystère,

    et autour d'eux,

    des personnages secondaires, offrant une touche burlesque à cette correspondance très émouvante.

    Anne-Laure Bondoux et Jean-Claude Mourlevat mènent finement la danse avec une écriture très vivante et une histoire tumultueuse pleine de péripéties inattendues.

     

    Un livre à l'effet feel-good garanti!

     

    (Une suite serait la bienvenue car petite, petite frustration à la fin!sarcastic...)


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  • les loups
     
    Rivages
     

    "Son coeur s'emballa quand le monstre lui tendit le morceau de chair qu'il tenait à la main, comme une invitation au festin, avec dans son regard le sourire que son visage figé ne pouvait plus former.

    Il le sentit entrer dans sa tête, tenter de le posséder en y déversant des flots de paroles incompréhensibles, des incantations noires destinées à détruire les dernières barrières. L'odeur du sang se fit plus forte et attisa sa faim, une faim qui lui donna mal au ventre, une faim qu'il fallait assouvir".

     

    J'ai d'abord cru à un recueil de nouvelles mais en retrouvant au troisième chapitre,

    le fait divers relaté au début du livre,

    j'ai compris que ce roman allait être beaucoup plus

    ingénieux, énigmatique, effroyable et addictif que je ne le pensais.

     

    Nous voilà face à un immense puzzle feuilletonesque où se débattent de nombreux personnages, traqués ou semant la mort et la désolation.

    Jérémy Fel développe des histoires apparemment indépendantes mais chapitre après chapitre, entre Etats-Unis et France, il avance ses pions, les personnages principaux se détachent pour mieux se retrouver.

    De notre côté, on cherche, on tâtonne, on essaie de trouver le lien car forcément, il en existe un qui relie tous ces êtres malmenés par la vie, traumatisés, déterminés ou monstrueux.

     

    Une lecture fascinante, hypnotique...

    Un roman effroyable qui autopsie la noirceur de l'âme humaine, qui nous rappellent que les loups sont entrés dans nos vies!

     

    Une atmosphère sybilline et déconcertante entre Twin Peaks, Stephen King et Joyce Carol Oates.

     

     

     


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  •  
    l'autre
     
    Marabooks
     
     
    J'ai profité de la canicule pour lire ce livre,
    bien installée sous un grand pommier me protégeant de la chaleur accablante.

    Cette histoire de double identité m'a transportée et m'a replongée dans les heures douloureuses de l'Holocauste.


    En 1987, Klaudia est une jeune fille qui effectue sa rentrée au collège à Londres.
    Très rapidement, elle entend des rumeurs sur son père, concierge dans l'établissement.

    "...c'est un Allemand.
    -Ma soeur dit que c'est un nazi.Il a gazé les Juifs".

    Elle tente de s'intégrer mais, très vite, est harcelée par un jeune homme,
    "crâne rasé et aussi carré que ses épaules".

    Elle essaie de trouver des réponses à la bibliothèque en  se plongeant dans les livres sur la Seconde Guerre mondiale.
    Ses découvertes la choquent profondément, lui donnent la nausée.


    En 1993, Klaudia quitte ses parents  pour poursuivre ses études à  Leeds.
    Très vite, elle  abandonne la Faculté, se consacre à la danse, sa véritable passion et devient ...Eliza.

    "Le mensonge est un art à part entière. En devenir le maître requiert du temps et de l'entraînement.[...] Il est plus généreux, plus courageux de cultiver le mensonge et de leur cacher la vérité. C'est non seulement un besoin, mais aussi  -et surtout- un devoir".
     
     
     
    1996, Ernst, l'oncle de Klaudia, affaibli par la maladie, arrive de New York et  rend visite à son frère, Otto et sa nièce, de retour chez ses parents depuis un an.

    Les dernières pièces du puzzle se mettent enfin en place et Klaudia/Eliza peut enfin se réconcilier avec son identité.
     

    Un livre très fort, vous l'aurez compris.
    Une histoire que je ne peux pas trop vous résumer sous peine de trop en dévoiler.
     
    Il est question de la culpabilité que des êtres peuvent ressentir après avoir commis des atrocités  contre leur intime conviction, d'une éventuelle "rédemption" pour certains, mais aussi du lourd  héritage laissé aux nouvelles générations, de réussir à s'accommoder et se réconcilier avec un passé douloureux.
     
     
    C'est un récit à plusieurs voix, alternant le présent et le passé, que signe ici Saskia Sarginson.
    Les dialogues sonnent juste, la psychologie des personnages est parfaitement bien étudiée, les émotions palpables..

    Le style narratif est vif et divertissant, ce qui rend la lecture très agréable.
     
     
    Grâce à ce très beau récit, j'ai redécouvert la musique de Sarah Vaughan qui accompagne un très doux chapitre du livre.
     

    Je vous recommande très fortement ce magnifique roman!
     

     

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