• Comme à la guerre Julien Blanc-Gras

     

    « Le jour de la naissance de mon fils, j’ai décidé d’aller bien [...].Je n'allais pas laisser

    l'air du temps polluer mon bonheur”.

     

    Ainsi commence le nouveau livre de Julien Blanc-Gras qui écrit son livre au moment des

    attentats qui se sont déroulés à Paris en 2015.

     

    L'horizon s'obscurcissait, mais nous avions une lumière sous les yeux”.

     

    Dans Comme à la guerre, le narrateur prend le parti de parler de choses sérieuses sur un

    ton léger . C'est une réflexion sur le monde dans lequel on vit, un récit sur la paternité

    dans un contexte de guerre et d'attentats mais avec la volonté d'être optimiste. Rien est

    plombant. C'est grave en étant drôle.

     

    Surtout lorsque le narrateur partage ses anecdotes à la fois tendres mais aussi ironiques

    et lucides sur l’éducation de son fils.

     

    La vie de jeune parent n'est pas qu'une succession de moments d'émerveillement.[...]

    N'empêche, il ferait fortune, celui qui inventerait le baby-Taser”.

     

    Parallèlement, il entame la lecture du journal intime de son grand-père maternel tenu au

    début de la Seconde Guerre Mondiale et donne également la parole à son grand-père

    paternel.

     

    Les deux grands-pères du narrateur apportent à ce livre une dimension romanesque et lui

    permet de développer une réflexion sur la transmission familiale de la violence .

     

    Présent et passé s'articulent avec fluidité et cohérence et le texte se lit très

    agréablement.

     

    Globe trotteur curieux et écrivain-voyageur, Julien Blanc-Gras agrémente son récit de

    cartes postales envoyées à son fils dans les différents pays qu’ils traversent, pour son

    métier et décrit son quartier et Paris comme dans un récit de voyage.

     

    Pour conclure, on peut dire que l’enfant et son père, au fil de ces péripéties, mûrissent

    l’un à côté de l’autre.

     

    Des étincelles avaient jailli. Nous n'avions pas pris feu [...]

    J'ai quarante ans, un enfant

    crie “Joyeux anniversaire papa” et je suis éternel.”

     

    Comme à la guerre, un livre à la fois drôle, émouvant et profond que je recommande.

     

     

    NETGALLEYFRANCE


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  • La femme qui lisait des romans anglais Sylvia Tabet

    JC Lattès

     

    Juliet est sociologue. A bientôt 45 ans, elle est mariée depuis vingt-cinq ans avec  François et a  tout pour être heureuse.
    Et pourtant, l'équilibre conjugal est  remis en cause suite à l'aveu de son adultère.


    " Avoir parlé à son mari et avoué l'existence de Jérémy n'y a rien changé : pas plus que la faute, la confession n'efface la mémoire".


    Juliet hésite entre son mari François, architecte et Jérémy, globe-trotter.
    Jérémy éveille en elle un sentiment oublié depuis longtemps: la passion.


    "L'amour avec François est peut-être mort. Mort, ainsi d'une espèce vaincue par un parasite. C'est donc pour cela que Jérémy est entré dans sa vie et alors ce n'est plus sur Jérémy que pleure Juliet, mais sur François".


    Juliet mène une vie divisée. Elle aimerait pouvoir se couper en deux, aimer les deux hommes.
    La culpabilité lui pèse en permanence. Elle doit faire un choix.


    "A d'autres moments, elle se convainc que la passion est la preuve de la valeur supérieure des sentiments.Dès lors, il faudrait quitter François pour rejoindre Jérémy. Partir, assumer cette décision, la plus grave qu' elle ait jamais envisagée. Sa vie de femme mariée est désormais percluse de ce doute permanent qui la poursuit nuit et jour".


    Choisir entre raison et sentiments. Mais devant l'incapacité de Juliet à se décider, Jérémy a fini par prendre le large.


    Juliet recherche alors le réconfort dans la littérature anglaise. Elle  se réfère sans cesse aux personnages des livres qu'elle aime pour régler ses propres situations et de ce fait, le récit est jalonné de nombreux extraits d'auteurs anglais. Elle imagine que sa vie pourrait être un roman et que par conséquent, toutes les réponses à ses questions existent déjà.


    Les romans anglais explorent essentiellement les sentiments, la question sociale, notamment la vie des femmes et aussi la place qu'occupe la nature; les paysages anglais, supposés être le reflet de soi.


    Juliet partage avec Virginia Woolf un deuil maternel trop précoce. Elle ne se sépare jamais d'un cahier de sa mère, plein de citations tirées de romans anglais.


    "L'ensemble aurait la valeur d'une transmission maternelle. Un héritage. Aussi, ce cahier la guiderait à travers les méandres de l'amour, comme sa mère l'aurait fait si elle était encore près d'elle".

    L'auteure aborde dans cet opus l'âme humaine, les doutes et le sens de la vie avec en toile de fond, les attentats de 2015 et le Brésil.


    Un roman introspectif, où l'intériorité des personnages importe davantage que l'histoire.
    Une réflexion sur l'usure de la vie de couple et l'évolution de l'amour dans le temps.
    Les relations hommes et femmes dans ce qu'elles ont de plus humain: le désir de l'autre, l'adultère, la séduction, la quête du bonheur, de l'amour éternel.

    Pour être tout à fait honnête, j'ai été déroutée par la chronologie non linéaire, par ces ellipses temporelles.
    L'écriture est une vraie forme de liberté mais je me suis parfois perdue dans les nombreux extraits d'auteurs anglais.


    Le point fort, c'est la plume de Sylvia Tabet, la beauté et la portée des phrases.
    Le roman se termine sur une sorte de revirement de situation et m'a laissé un goût d'inachevé.
    Un roman plutôt en demi-teinte.






    NetgalleyFrance






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  • La vie qui m'attendait  Julien SANDREL

    CALMANN LÉVY

     

    "Je m'exprime comme une vieille, je vis comme une vieille, je ne discute qu'avec des vieux.

    Je suis vieille.

    Vieille et seule, voilà le résumé de ma vie".

     

    C'est ainsi que s'exprime Romane, 39 ans, médecin généraliste à Paris, en proie à de multiples angoisses et paniques.

    Lorsqu'une de ses patientes affirme l'avoir vue à l'hôpital à Marseille au service pneumologie, une perruque rousse sur la tête, en quelques secondes, sa vie bascule.

    Très intriguée, Romane effectue des recherches sur internet pour en savoir plus sur cette autre femme qui lui ressemble tant.

    Une gémellité cachée par qui et pourquoi?

    La découverte et la révélation de ce secret de famille apporte une grande joie mais aussi provoque un véritable cataclysme dans la vie des jumelles.

    Porteurs d'un passé occulté, les secrets de famille et les mensonges sont un poison insidieux.

    Ils deviennent les non-dits, maîtres silencieux des destins.

    Une histoire douloureuse menée avec brio par la plume sensible et délicate de Julien Sandrel

    et dont le final offre une porte de sortie "qui boucle la boucle".

    L'auteur signe ici un deuxième roman d'excellente qualité.

    Une belle lecture, addictive et très émouvante servie par des personnages attachants et inoubliables.

     

     

    NetgalleyFrance

     

     

     

     

     




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  •                                              Les gratitudes Delpine de Vigan

    Les gratitudes Delphine de Vigan

    Editions JCLattès

     

    Parce qu'elle ne peut plus rester seule chez elle, et atteinte d'aphasie, Michka est placée dans un EHPAD.

    C'est une étape difficile à vivre du fait des nombreux deuils qu'elle a à faire (deuil de son autonomie, de son indépendance, de sa santé et de sa maison).

    Soutenue par Marie, une jeune femme très proche d'elle, sa fille de coeur et Jérôme, un orthophoniste, la vieille dame vit son angoissant dernier parcours.

    Alternant rêves, cauchemars et réalité, Michka comprend bien qu'elle perd inexorablement ses mots et donc l'usage de la parole.

    Marie raconte également comment Michka l'a sauvée mais qui sauvera Michka?

    Cette dernière ne lâche rien et pour être en paix avec elle-même, il lui faudra réaliser son dernier souhait.

     

    Cette femme est accompagnée avec beaucoup de douceur, de précautions et de bienveillance.

    C'est un livre très émouvant, écrit avec beaucoup de sensibilité et malgré tout, et heureusement, lorsque Michka mélange ses mots, on ne peut s'empêcher de sourire.

     

    "Vieillir, c'est apprendre à perdre

    ça commence par des petites choses et puis ça s'accélère".

    ¨Parfois, il faut assumer le vide laissé par la perte. Renoncer à faire diversion. Accepter qu'il n'y a plus rien à dire".

     

     

    #netgalleyfrance


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  • XO Éditions

    Samuel fête ses 35 ans mais seul face à son gâteau d'anniversaire.

    Ses deux invités ont eu un empêchement.

    Et Samuel touche le fond.

    Il a envie de parler à quelqu'un .

    Son portable ne fonctionne plus. Reste le fixe.

    Et le seul numéro qu'il connaît par coeur, c'est le numéro de la maison de son enfance: 68-50-41-35

    Au bout du fil, un enfant lui répond.

    C'est lui qui décroche quand il avait 10 ans.

     

    Chaque soir, un dialogue inattendu et inespéré va s'installer entre le Samuel

    de 35 ans et l'enfant qu'il était.

    Et grâce à ce lien imaginaire, Samuel redéfinit ce qu'étaient ses rêves et peu à peu, devient enfin acteur de sa vie et avance.

    Un roman tendre et plein d'humour sur l'enfant qui demeure en nous, et qu'il ne faudrait jamais arrêter d'écouter!

     

     

    Quelqu'un à qui parler Cyril Massarotto

    © Bruno Levy


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